Jouer : un pont vers sa créativité

Des dés, des cartes, des pions, des plateaux, des questions, des énigmes, des crayons, du papier, des sonnettes et des sabliers : des objets qui servent à jouer! Jouer? Mais on a oublié depuis longtemps de jouer. Surtout, une fois devenus adultes, « grands », responsables.


Eh oui, si le jeu est spontané pour les enfants, on dirait bien qu’il devient confrontant et exigeant pour les adultes. Pris par nos habitudes et nos milles préoccupations, on a délaissé les jeux autant les casse-têtes en solo (sudoku, mots croisés, etc.) que les jeux rassembleurs. Dans un monde où tout le monde court, comment pourrait-on dire qu’on s’est amusé à jouer alors qu’il y a tant à faire?


Bien sûr, on joue avec les enfants, mais rapidement et surtout « efficacement ». Le jeu doit servir à quelque chose. On craint la non-productivité, alors on veut que le jeu vise un apprentissage précis. Pourtant, tous les jeux — aussi simples soient-ils — font du bien. Ils nous aident à décrocher, à réduire le stress, à trouver des solutions originales à un problème, à entrer en relation avec les autres, à développer plusieurs aptitudes mentales et à libérer nos élans créatifs. Malgré tous ces bienfaits, on laisse bien peu de place dans notre agenda pour ces « déverrouilleurs » d’imagination. Non : jouer, ce n’est pas assez sérieux! C’est contre nature pour les gens productifs. Certains le voient même comme une perte de temps et ce, même si de nombreuses études vantent ses bienfaits. Entre autres, Stuart Brown, un psychiatre américain qui a fondé le National Institute for Play, affirme que le jeu n’est pas le contraire du travail. Il serait plutôt l’opposé de la dépression. Rien de moins!


Et si on changeait la donne pour une seule et bonne raison: avoir une attitude ludique nous «change».


Quand on range un jeu après avoir réussi à s’amuser entre l’heure du bain et l’heure du dodo, quand on classe notre matériel créatif après avoir joué à ajouter de la couleur dans son agenda quand on a trouvé 8 réponses dans notre grille de mots croisés, quand on a improvisé un tournoi de cartes en famille, quand on a trop ri en jouant aux mimes avec les enfants et leurs amis, on ressent quelque chose de nouveau qui se passe en soi. Dans notre tête, tout autant que dans notre corps :


+  un certain relâchement
+  la sensation d’être détendue
+  de l’espace entre nos pensées
+  l’oubli momentané de certains soucis
+  le retour de la bonne humeur
+  une dose inédite d’énergie
+  le remplissage de notre réserve de patience
+  une souplesse mentale autant que physique
+  la création de liens complices avec les autres
+  la solution qu’on cherchait à un problème
+  l’élan pour terminer un projet
+  le bouillonnement d’idées neuves
+  le réveil de notre créativité
+  etc.


Tout ça, c’est l’« effet du jeu ». Loin des résultats, des scores et des records de vitesse, c’est de cet état général qu’il faut se souvenir après avoir joué. C’est lui qu’on voudra reproduire et retrouver. C’est lui le but réel recherché. Et la seule façon d’y parvenir, c’est en rejouant. Car, le jeu est le pont nécessaire pour parvenir à tout ce positif en soi et le tremplin essentiel pour oser se réinventer.


 

Exercice "Rappel positif"


Jouer : un pont vers sa créativité, Article de blogue #planificateur #chaquejourcompte #agendaChaque fois qu’on ressent cette vague de changement positif en nous après s’être accordé un moment pour jouer ou s’amuser, on dessine un petit symbole (un dé, une étoile, etc.) dans notre planificateur créatif. On l’utilise non pas pour « planifier » une séance de jeu – on préfère que l’intention reste spontanée —, mais bien pour noter le souvenir qu’on a joué… et se donner envie de recommencer encore et encore!


 



Exercice "Je ne sais plus jouer!"


Jouer : un pont vers sa créativité, Article de blogue #bujo #bulletjournal #planificateur #chaquejourcompte #agendaBien sûr, on peut chercher jusque très loin dans notre enfance et essayer de se rappeler ce qu’on aimait faire. Mais on peut aussi trouver dans des évènements plus près de nous. « Qu’est-ce qu’on se permet souvent que lorsqu’on est en vacances? » Jouer au Monopoly, faire un mot croisé, faire un casse-tête, jouer au mini-golf? Ensuite, on trouve une solution pour reproduire cette activité même quand on est à la maison. Mieux encore, on utilise une page vierge de notre planificateur créatif pour dresser une liste d’idées d’activités amusantes afin de s’en souvenir dès qu’on a un court moment libre.


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Mots pour devinettes à dessiner ou mimer #halloween #imprimables #jeu #chaquejourcompteJ’aime avoir sous la main, sur la table du salon, un jeu qu’on peut utiliser quelques minutes et continuer un autre jour : un casse-tête, un livre de questions, un dessin à colorier, un tricot, etc. Bonne alternative quand on se sent fatigué, qu’on a le goût de se détendre sur le canapé tout en évitant de se laisser envahir par les appareils électroniques! Cette semaine, j'ai imprimé 50 mots ayant pour thème l’Halloween, je les ai coupés et roulés autour d’un crayon. Nous pourrons nous en servir en famille pour des devinettes en mimant ou dessinant les mots pigés. Imprimez-les ici


Pour aller plus loin


— Livres
Tout se joue avant 100 ans (Par Jean-François Vézina, Les éditions de l’Homme)
Play: How it Shapes the Brain, Opens the Imagination, and Invigorates the Soul (Par Stuart Brown, Avery)


— Sites web ou articles
National Institute of Play
Les grands ont aussi besoin de jouer (Coup de Pouce)
11 photos d’adultes pris en flagrant délit de… jeu dans une piscine de balles
Pourquoi les adultes ont besoin de jouer? (Psychologies)
Encourage Play


Article écrit par Nadine Descheneaux
Journaliste, auteure et blogueuse
www.nadinedescheneaux.com